Le parrainage d’enfants handicapés vivant dans leurs familles est à l’origine de l’activité de l’UPAM en Russie. A l’époque où l’UPAM est entrée en contact avec des familles d’enfants handicapés physiques et mentaux, en 1996, la pratique de l’institutionnalisation des enfants « problématiques » (i.e. leur enfermement dans des « centres spécialisés ») était encore très répandue en Russie. Cependant, l’approche du handicap dans le pays se trouvait déjà en pleine phase de remise en question, du moins en théorie.

Le besoin de changement commençait à se faire sentir de plus en plus intensément, accéléré notamment par l’intervention du regard étranger dans quelques internats de type soviétique, intervention qui a abouti à la divulgation de témoignages horrifiants, faisant appel au respect de la dignité humaine. C’est pourquoi de nombreuses familles ont gardé les enfants à leur charge afin d’éviter leur institutionnalisation, bien que n’ayant souvent pas les moyens matériels et pédagogiques pour permettre leur épanouissement.
L’intervention de l’UPAM dans ce domaine a un double objectif. Premièrement, il s’agit soutenir ces familles tant psychologiquement que matériellement, ce qui permettra de diffuser un message d’espoir pour d’autres familles. Deuxièmement, il permet de connaître ces familles de plus près, afin de pouvoir saisir la problématique d’une manière plus globale.
Le parrainage fonctionne de la sorte: une spécialiste de l’institut pédagogique de Moscou, qui se bat depuis plusieurs années pour l’intégration de ces enfants dans le système scolaire, désigne des familles qu’elle connaît personnellement sur des critères aussi objectifs que la précarité matérielle ou la détresse psychologique. De son côté, l’UPAM s’engage à trouver des privés en Suisse prêts à apporter des dons financiers ou matériels. L’argent n’est pas versé régulièrement afin de ne pas créer de dépendance et les familles s’engagent, en plus de l’utiliser pour couvrir les besoins de leur enfant, de donner des information sur l’enfant au donateur, souvent par le biais de lettres dont nous nous sommes chargés de traduire.
En 2001, l’UPAM ne gère qu’une dizaine de parrainage mais un mouvement plus large se crée, on peut ainsi compter 200 familles touchée de près ou de loin, de façon plus ou moins régulière par des dons provenant de notre action. Les liens très chaleureux qui ont été tissés par cet action montrent qu’il s’agit plus qu’une aide matérielle, mais également d’un échange culturel, d’une sensibilisation à la thématique du handicap et de son intégration.
En 2002, l’UPAM décide volontairement de restreindre cette activité de parrainage. En effet, à mesure que l’UPAM s’agrandit, sa volonté est plus de saisir ce genre de problématique dans leur globalité. De plus, à partir de 2003, la situation des enfants atteints d’un handicap s’est considérablement améliorée en Russie, pour exemple tous les enfants parrainés ont été intégrés au système scolaire. Malgré son succès, L’UPAM a questionné cette méthode de parrainage, qui permet certes de tisser des liens affectifs entre différentes personnes, sans pour autant pouvoir éviter de passer à côté d’autres cas dans le besoin.