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Conférence de Pskov sur le handicap

L’UPAM a été l’un des cobailleurs et invités d’honneur de la conférence de Pskov organisée en 2006 par Handicap International. La rencontre fût l’occasion de nombreuses découvertes et de la création de plusieurs partenariats avec différents collectifs locaux voués à la cause des handicapés russes.

Nous avons consacré les années 2005 et 2006 à offrir à l’UPAM une position plus visible au sein du réseau national et européen d’ONGs intéressées par la problématique du handicap dans les pays en transition, dans le but, d’une part, de compléter nos connaissances sur l’état actuel de la problématique et des besoins et, d’autre part, de multiplier nos chances et celles de nos partenaires de trouver du soutien pour la mise en œuvre de nouveaux projets. Cette position, accompagnée par une reconnaissance croissante auprès de bon nombre de professionnels incontournables, tels que Handicap International, pour ne citer qu’un exemple, nous l’avons acquise grâce à notre participation active à des séminaires et conférences en Russie, comme en Europe, pendant lesquels nous avons eu l’opportunité de faire entendre notre voix et de présenter notre mandat.

Dans ce cadre, nous avons pris part, en avril 2006, à une conférence nationale sur l’autisme, organisée conjointement par Handicap International et les autorités de la ville de Pskov (au sud de St. Pétersbourg), que l’UPAM a été invitée à soutenir. La participation financière de l’UPAM à cet événement d’envergure, qui a vu se réunir près d’une cinquantaine d’ONGs et structures étatiques différentes représentant presque autant de régions de la vaste Russie.

Peu après avoir prononcé notre discours d’ouverture en tant qu’ambassadeurs de «Pskov 2006», nous avons été approchés par des dizaines de participants, parmi lesquels nous avons aussitôt reconnu les représentants d’organisations très petites, fraîchement constituées ou encore sises dans des régions reculées du pays. Ils avaient repéré dans l’UPAM et la flexibilité qui nous caractérise et le maillon manquant de la chaîne de contacts nécessaires à la réalisation de leurs projets. Depuis la fin des années ’90, la Russie fait face à une explosion du milieu associatif, caractérisée par la constitution plus ou moins officielle d’un nombre croissant de groupes de bénéficiaires de services sociaux inadaptés ou inactifs, qui visent le remplacement du système étatique par des initiatives communautaires plus proches des besoins réels des contribuables.

Il est important de souligner, que l’UPAM a été la seule ONG étrangère à participer à cette conférence. Ce détail apparemment insignifiant n’a pas échappé au public, qui a transformé le résultat d’un concours de circonstances (c’est-à-dire notre invitation de la part de Handicap International, chargé de trouver des cobailleurs pour l’événement) en une marque de respect envers notre sensibilité et notre intérêt pour la Russie fort appréciés.

La position de «maîtres du jeu» occupée par ces derniers au sein de la communauté d’ONGs travaillant dans le domaine du handicap en Russie crée une compétition inégale entre les acteurs, qui ne laisse que très peu de chances aux initiatives moins visibles, mais non moins louables d’organisations relativement marginalisées par leur jeunesse, le manque de professionnalisme de leurs membres (souvent des parents d’enfants handicapés sans compétences techniques particulières), ou encore leur position géographique (zones rurales, Sibérie, etc.). L’UPAM, grâce à sa connaissance du terrain, acquise pendant la mise en œuvre de ses projets de garderie entre 2000 et 2005, à la multidisciplinarité de ses membres et à son carnet d’adresses grandissant a un rôle certain à jouer en tant qu’intermédiaire entre ces initiatives marginalisées et les sources d’aide, aussi bien financière qu’en matière d’information.

En trois jours à peine de présence à Pskov, nous avons récolté plus d’information sur le handicap en Russie et les projets en cours, que pendant les cinq années précédentes de travail de terrain. Conscients d’être sortis de cette expérience enrichis de dizaines de nouveaux partenaires potentiels et d’une liste interminable de besoins à combler, auxquels l’UPAM seule ne peut pas faire face de par sa nature, nous avons tout naturellement décidé d’offrir des opportunités similaires aux initiatives qui attendent d’être connues et soutenues, et d’utiliser l’organisation de rencontres comme stratégie de soutien aux organisations marginalisées. La formule du camp de vacances à thème nous sembla particulièrement appropriée, voir à ce sujet l’article concernant le projet qui en découla [Rencontres sur le Handicap] car, d’une part, elle permit à l’UPAM de n’assumer qu’un rôle d’organisation logistique, tout en recherchant des organisations d’accueil de l’événement parmi les acteurs suisses du handicap, qui en deviennent les réels initiateurs et hôtes; d’autre part, le camp de vacances est mieux à même qu’une conférence ou un séminaire de courte durée, généralement destinés à un public spécifique, d’offrir des occasions d’interaction entre bénéficiaires directs (les enfants handicapés et leurs parents ou tuteurs) et de permettre aussi bien aux hôtes (suisses) qu’aux visiteurs (russes) de profiter de l’expérience.